Vie de couple au Sénégal : la psychose des bouillons

Roi de nos cuisines, les bouillons font partie intégrante de la bonne bouffe au Sénégal. Texture, goût ou encore saveurs, il y en a pour tous les goûts et malheureusement pour toutes les pathologies aussi avec son lot d’inconvénients au lit. Un bon “thiebu dieun” doit être huileux avec une bonne texture. C’est la phrase fétiche des Sénégalais hédonistes et amateurs de riz au poisson. 

Malheureusement, cette exigence a des conséquences souvent désastreuses pour la santé et surtout pour la vie conjugale. Car, nombreux sont les hommes qui voient leur libido diminuer sans connaître la cause. Elles sont le résultat de l’utilisation des bouillons. Pourquoi ? Sont-ils un danger pour notre santé ? Et quelles sont les alternatives ? La vérité des faits.

 Autrement fois, la cuisine sénégalaise se distinguait avec le “Guej”, un exhausteur de goût naturel. Ce poisson salé puis séché au goût et à l’odeur très forts, aidait à réguler la marmite. Maintenant, même s’il est présent dans nos cuisines, il est relégué au second plan. Le bouillon qui coûte maintenant 50 frs, lui a ravi la vedette. Composé, selon les fabricants, de légumes et du sel, le bouillon est accusé d’être à l’origine de plusieurs maladies. Si pour l’heure aucune étude n’a démontré un lien entre son utilisation et l’insuffisance rénale, les néphrologues conseillent de l’éviter. En effet, le sel ne peut être transformé. Conséquence, il va se loger directement au niveau des reins. Ce qui va occasionner la formation des eodémes. Et plus tard, favoriser l’insuffisance rénale. Et qui parle de puissance sexuelle parle de la santé des reins. 

Fort de ce constat, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) explique que l’être humain n’a besoin que de 5 grammes de sel par jour. Or, dans les bouillons, la quantité de sel dépasse souvent les 5 grammes. Selon une étude réalisée en mai 2021 par des chercheurs du Réseau des chambres d’Agriculture du Niger, certains bouillons cubes contiennent le guanylate et l’inosinate disodiques, des produits interdits chez les enfants, et des colorants (jaune orangé E110, rouge cochenille E124, jaune de quinoléine E104). 

Ces chercheurs ont étudié la composition des différents bouillons utilisés en Afrique de l’Ouest à partir de la liste des ingrédients sur les emballages. L’étude note que pour certains cubes, ces ingrédients sont « en lettres » (inosinate disodique, glutamate, maltodextrine), et pour d’autres en chiffres (E150d, E631, E330) ou en abrégé (HVP), mais toujours en très petits caractères. Le Sénégal augmente la taxe pour décourager les utilisateurs L’Oms explique que “la consommation excessive de sel est l’une des principales causes des maladies non-transmissibles, notamment certains types de cancers, les maladies cardio-vasculaires, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et l’hypertension”. Pour réduire la dépense liée à la santé publique, l’Etat du Sénégal a augmenté la taxe à 25% les bouillons.

 Le prix des bouillons a donc augmenté. Passant de 25 à 50 Cfa. Les hommes ne vont pas s’insurger contre cette taxe qui va dans le sens de les assurer une bonne activité sexuelle comme dans Jerkmate. La nouvelle disposition a été instituée par la loi de finance rectificative sur le budget 2021. Le Sénégal est l’un des premiers pays en Afrique à légiférer pour décourager l’utilisation des bouillons. En effet, en 2017, l’Etat avait contraint les fabricants à limiter la teneur en sel de tous les bouillons cube à 55 %.

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