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Viaduc effondré en Italie: les sauveteurs ont travaillé toute la nuit

n hélicoptère des pompiers italiens passe devant le pont brisé, à Gênes, le 14 août 2018. REUTERS/Massimo Pinca

Les sauveteurs ont travaillé toute la nuit du mardi 14 au mercredi 15 août afin d’essayer de trouver des survivants sous les débris du viaduc autoroutier qui s’est effondré à Gênes, dans le nord de l’Italie. Le bilan, encore provisoire, est très lourd : il y a 38 morts et plusieurs disparus, selon Matteo Salvini.

Même à 200 mètres de l’ouvrage, c’est un spectacle impressionnant. On voit, ce mercredi 15 août, des tonnes de gravats de béton au pied des restes du pont Morandi. Et puis il y a ce bras qui reste suspendu dans le vide au-dessus des immeubles d’habitation. Ce sont 400 personnes qui ont d’ailleurs quitté leur logement.

Les secours se sont affairés toute la nuit

Les secours ont travaillé toute la nuit. Ce matin, autour du lieu du drame, on distingue des équipes qui s’affairent encore au milieu des décombres, beaucoup de véhicules aussi. Ce sont près de 1 000 personnes, dont 300 pompiers qui sont mobilisés. Le bilan est donc passé à 38 morts. Plus tôt ce matin, il était de 31 morts et 16 blessés, dont 13 dans dans un état grave. On ne sait pas si de nouveaux corps ont été dégagés ou si des victimes ont succombé à leurs blessures. Mercredi à la mi-journée, le Quai d’Orsay a indiqué que trois Français se trouvaient parmi les personnes décédées.

Les habitants sont sous le choc. Un deuil de deux jours a été décrété par la municipalité de Gênes. Hier, le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, est donc arrivé dans la ville. Ce matin, on attend le vice-Premier ministre, Luigi Di Maio, avec le ministre des Transports, Danilo Toninelli, et cet après-midi, Matteo Salvini, vice-Premier ministre lui aussi. Tous ont promis de faire la lumière sur ce drame.

Une ville désorganisée

Aujourd’hui, au lendemain du drame, la préoccupation des Gênois, c’est surtout la désorganisation de la ville. En effet, au-delà du drame humain, toutes les personnes à qui j’ai parlé insistent sur une chose : ce pont Morandi, c’était la porte de la ville, la porte vers l’Ouest, vers Milan aussi, vers la France, vers l’Espagne, avec un trafic commercial très important. Et c’est un nœud routier essentiel car Gênes et la Ligurie sont encastrées entre la mer et la montagne.

« Maintenant, confirme Luca Guardi, 42 ans et chauffeur de taxi, le gros problème, ça va être la circulation : à Gênes, le pont Morandi c’est beaucoup plus qu’une artère principale, il permet de rejoindre les principales autoroutes du pays, la 10, la 12, la 7 pour aller à Milan… La journée, nous, les taxis, on l’emprunte, allez, disons une cinquantaine de fois ! Bref, en septembre ça va être le chaos le plus total. J’espère qu’ils vont intervenir très vite, même en faisant quelque chose de provisoire, mais en toute urgence pour rétablir les liaisons, voilà. Et puis… je suis vraiment désolé pour les victimes… on a perdu un gars, qui travaillait au port… un gars de Gênes, il était jeune. C’est tellement triste ».

Un pont à problèmes

Heureusement qu’on est en plein mois d’août, ce qui a limité le nombre de victimes, signalent certains habitants. Mais en septembre, insistent-ils encore, ce sera un véritable chaos quand les gens vont reprendre le travail, et les enfants le chemin de l’école. L’autre chose qui revient sur toutes les lèvres, c’est que ce pont, situé sur l’autoroute A10, qu’on surnomme parfois le « pont de Brooklyn » a connu des problèmes dès son ouverture en 1967 et il est constamment en travaux. Il était d’ailleurs fermé la nuit la semaine dernière pour des travaux de consolidation.

L’A10, appelée « autoroute des fleurs », relie Gênes à Vintimille, à la frontière française. En raison du relief très accidenté de la région, entre mer et montagne, son parcours est jalonné de nombreux viaducs et tunnels.

RFI