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Des déplacés syriens originaires de la province de Deraa arrivent aux abords du plateau du Golan, le 29 juin 2018. REUTERS/Alaa Al-Faqir

Syrie: bombardements d’une intensité inédite dans la province de Deraa

En Syrie, les bombardements ont repris mercredi 4 juillet au soir dans le sud du pays, avec une intensité inédite selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Cela intervient après l’annonce par les rebelles de l’échec des négociations avec la Russie. La pause dans les combats, mise en place pour ouvrir la voie à ces négociations, n’aura duré que quatre jours.

Des raids aériens ont visé mercredi 4 juillet dans la soirée plusieurs localités de la province de Deraa, selon l’ONG Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) qui évoque des bombardements d’une intensité inédite. Quelques heures avant, les insurgés avaient annoncé l’échec des négociations avec Moscou.

Selon le porte-parole d’un regroupement de factions rebelles, les Russes voulaient qu’ils abandonnent leur artillerie lourde en une seule fois. Or, les insurgés n’acceptent de remettre ces armes que progressivement. Moscou propose également qu’ils rejoignent la vie civile ou s’enrôlent dans les forces gouvernementales antijihadistes.

En alternant bombardements et négociations parrainées par la Russie, le président Bachar el-Assad a récupéré une trentaine de localités rebelles dans cette province de Deraa.

Le gouvernement syrien a ouvert ce nouveau front dans le sud du pays le 19 juin dernier, après avoir consolidé son pouvoir sur Damas et sa région. L’offensive a déjà fait 270 000 à 330 000 déplacés, selon l’ONU.

Certains ont trouvé refuge aux frontières avec Israël et la Jordanie, dans des conditions très difficiles. Aucun des deux pays ne veut les accueillir. L’organisation Human Rights Watch les a appelés à ouvrir leurs frontières.

Solidarité en Jordanie

Ce jeudi 5 juillet, le Conseil de sécurité de l’ONU doit tenir une réunion d’urgence à huis clos pour parler de la situation dans le sud de la Syrie. Pendant ce temps-là, les Jordaniens s’organisent pour distribuer de l’aide de l’autre côté de la frontière, explique Laure Van Ruymbeke, envoyée spéciale à Mafraq, à 60 kilomètres da la capitale, Amman.

Ils sont de plus en plus organisés pour venir en aide à leurs voisins syriens. Dans un grand hangar proche de la frontière, des volontaires jordaniens collectent des dons de la population. De jour comme de nuit, des camions remplis de marchandises viennent de tout le pays.

« On reçoit un grand nombre de camions tous les jours. Tous les Jordaniens contribuent à apporter ces dons, explique un membre de l’organisation caritative de Jordanie, Aseel Adwan. C’est beaucoup de dons et on fait de notre mieux pour les emballer à nouveau. »

Seuls les dons qui ne sont pas périmables avant six mois sont triés puis rechargés dans les camions. « On reçoit différents types de dons, poursuit-il. De la nourriture, des produits d’hygiène, des boîtes de conserve, du blé, des couvertures, des matelas, de l’eau. » Une fois rechargés, les camions partent à la frontière, le tout sous la supervision de l’armée jordanienne.

« Réduire la souffrance de nos frères »

Mais certaines organisations veulent distribuer eux-mêmes leurs dons. Elles attendent au poste-frontière de Jaber, là où, depuis quatre jours, les marchandises sont distribuées aux Syriens qui se trouvent à la frontière côté Syrie.

« Notre camion contient de la nourriture sèche, pour qu’ils n’aient pas à cuisiner, explique Khalil Ahmad, de l’organisation circassienne – une minorité ethnique – d’Amman. Et aussi des tentes, des couvertures et de l’eau. »

Derrière lui, se trouve le camion de Saleh Sharaah, d’une organisation de la ville de Mafraq. « Récemment, on a réuni ces dons de notre famille pour réduire la souffrance de nos frères qui font face à une urgence », raconte ce dernier.

« On a apporté de la nourriture et des couches pour nos frères syriens. On est ici depuis la première prière à 4h du matin et nous ne pouvons pas entrer ». Sans l’aval des militaires, ils n’ont pas le droit de passer.

De l’autre côté de la frontière, ils seraient environ 25 000 Syriens, selon un militaire sur place. Or, l’ONU a suspendu ses aides à l’intérieur de la Syrie.

(avec RFI)

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