SWEET BEAUTÉ: “Les trois péchés de SONKO

En moins d’une décennie de présence sur la scène politique sénégalaise, il s’est taillé une image. Celle de l’homme politique parfait, débarrassé de tous les scories qui empêchaient d’avoir confiance aux politiciens. Humain, Comment a-t-il alors pu se laisser embarquer dans une histoire de viol ? Humain, trop humain ?

Ousmane Sonko ne brandit certes pas un mouchoir blanc (comme certains de ses aînés) durant ses sorties politiques,mais il a réussi à polir son image et s’ériger en exemple dans la classe politique sénégalaise. Aucun grief n’a été retenu contre lui durant son passage dans l’administration sénégalaise, jusqu’à sa radiation en août 2016 pour manquement au devoir de réserve. A l’Assemblée nationale, il s’évertue, à sa manière, à donner au député son véritable rôle d’élu du peuple. Toutes choses qui collent avec l’image du «saint homme» qu’il s’est donnée et que les Sénégalais avaient fini par retenir de lui.

De 2017, aux élections législatives, à la présidentielle de 2019, il est passé de37 705 à 687 065 voix. Devenant ainsi la troisième force politique du pays et un prétendant sérieux à la présidence de la République prévue en 2024.Comment donc cet homme a-t-il pu commettre l’imprudence qui lui vaut aujourd’hui d’être mêlé à une histoire de viol ? Le «sentiment» exprimé par l’ancien chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, peut aider à trouver un début de réponse à l’attitude du leader de Pasteef. «Sonko a manqué de prudence et a été piégé. Apparemment, son inexpérience a été exploitée par un adversaire puissant et futé qui connaît ses faiblesses», a écrit le secrétaire général national du Parti démocratique sénégalais (Pds) dans un communiqué.

Les trois tabous de Sonko

Ousmane Sonko a en effet commis trois erreurs dans cette affaire qui risque, au meilleur des cas, d’écorner son image. D’abord, comment il a pu se rendre dans un salon de massage, alors qu’il a déclaré, lors de son point de presse, souffrir d’une arthrose de la colonne vertébrale ? Son traitement par un kinésithérapeute dans un centre médical spécialisé serait plus indiqué. Une légèreté de la part du leader des Patriotes qui s’est rendu à plusieurs reprises à «Sweet Beauté » sans jamais être accompagné ni par une de ses deux épouses, ni par son garde du corps, encore moins par son chauffeur. Laissant ainsi son sort entre les mains d’une jeune fille d’une vingtaine d’années.

Ensuite, sa propension à en faire très tôt une affaire politique jusqu’à mobiliser tout ce qu’il compte de militants et de sympathisants peut être considéré comme un moyen de brouiller des pistes.Il aurait été plus simple de s’en limiter aux faits pour convaincre les Sénégalais qui sont dotés d’un bon sens. Si ses adversaires politiques de la majorité ont pu profiter de son imprudence, voire de son inexpérience, personne ne l’a forcé ou l’a piégé pour se rendre à «Sweet Beauté».

Il semble avoir des relations privilégiées,pour ne pas dire des rapports de confiance, avec la responsable du salon pour pouvoir s’y rendre, seul, durant les heures de couvre-feu. Enfin, l’appel lancé à ses militants à se mobiliser pour «défendre le projet de Pasteef» a entraîné de violentes manifestations à travers le pays. On pourrait ainsi lui coller une autre charge d’appel à l’insurrection comme le laissent envisager les nouvelles accusations retenues dans ce dossier. Après sa radiation de l’administration et l’affaire des 94 milliards de F Cfa qui l’avait opposé à Mamour Diallo, un nouveau feuilleton vient ainsi de s’ouvrir pour le leader des patriotes. Mais celui-ci semble bien plus corsé que les précédents et exige, pour s’en sortir, beaucoup plus de détermination et… d’expérience. Cette qualité qui semble tant faire défaut à Ousmane Sonko et les siens.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire