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Recep Tayyip Erdogan en visite en Allemagne sous le signe de la normalisation

Recep Tayyip Erdogan est en visite d’Etat en Allemagne ce jeudi 27 septembre. Objectif, renouer avec le premier partenaire économique de la Turquie, dans un contexte de crise économique et de tensions avec Washington.

Les drapeaux allemand, turc et européen ont été hissés en centre-ville. Les barrières de sécurité sont déjà omniprésentes, rapporte le correspondant de Rfi à Berlin.

Mercredi 26 septembre au matin, les policiers contrôlaient et soudaient les bouches d’égout. La zone de sécurité est immense : le centre de Berlin va ressembler durant 48 heures à un quartier de haute sécurité. Les mesures sont les mêmes que pour un président américain.

Recep Tayyip Erdogan rencontrera vendredi le président Steinmeier et la chancelière Merkel. Il sera samedi à Cologne, où il inaugurera une mosquée financée par une organisation turque.

Manifestations attendues

La visite d’Etat de Recep Tayyip Erdogan a provoqué beaucoup de polémiques en Allemagne, où l’autoritarisme du président turc ne passe pas. Il n’avait pas encore mis les pieds sur le sol allemand qu’il mettait du sel sur les plaies, évoquant le débat sur l’intégration des immigrés. « Ça résume très bien la discrimination en Allemagne », a commenté Recep Tayyip Erdogan. Ce débat est enflammé outre-Rhin depuis l’affaire Mesut Özil, ce footballeur d’origine turque qui a claqué la porte de l’équipe nationale.

Avec cette visite, l’Allemagne « trahit tous ceux qui aspirent à une société libre, démocratique et laïque », estime le journaliste germano-turc Deniz Yücel, qui a été détenu plus d’un an en Turquie. De nombreuses manifestations contre sa venue sont prévues. Certains responsables politiques ont décidé de boycotter le banquet officiel donné vendredi soir par le président allemand Steinmeier. La chancelière Angela Merkel n’y sera pas non plus…  sans raison officielle avancée.

L’heure est cependant au réchauffement des relations entre les deux pays. Ces dernières ont été mises à mal depuis le putsch manqué en Turquie il y a deux ans. Ankara, face à des difficultés économiques sévères et à des relations détériorées avec l’allié américain, se tourne vers l’Europe et l’Allemagne. Berlin ne souhaite pas que ce partenaire soit déstabilisé, surtout avec une communauté turque de 3 millions de personnes en Allemagne.

Ankara est un allié économique important. Faute d’aides directes, Berlin pourrait favoriser des investissements d’entreprises allemandes. Et la Turquie joue un rôle géostratégique important à cause de son implication en Syrie.

Désescalade

Recep Tayyip Erdogan arrive donc à Berlin avec une logique de désescalade alors qu’il y a à peine un an encore le président turc évoquait les mesures « nazies » du gouvernement allemand, rappelle le correspondant de Rfi à Istanbul. Mais les choses ont changé, et le pouvoir turc doit passer à une approche plus pragmatique.

Le président turc laisse « derrière lui ce qui s’est passé ces dernières années », a-t-il dit à des journalistes il y a quelques jours. Pragmatisme et échanges commerciaux sont donc à l’ordre du jour, mais aucune grande annonce politique n’est véritablement attendue. Pas un rapprochement chaleureux, mais un réel besoin de la part d’Ankara, de normaliser ses relations avec l’Allemagne et avec l’Europe.

Hasard du calendrier, cette visite arrive alors même que la décision doit tomber sur l’attribution de l’organisation de l’Euro de football 2024 qui se joue entre Berlin et Ankara.

RFI

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