Otage : le père Georges Vandenbeusch libéré

Membre d’un monastère du Cameroun situé à la frontière avec le Nigeria, le prêtre français avait été kidnappé en novembre par le groupe islamiste armé Boko Haram.

Le président François Hollande a annoncé ce mardi la libération de Georges Vandenbeusch, un prêtre catholique français de 42 ans, curé de la paroisse de Nguetchewe, dans le nord du Cameroun, à la frontière avec le Nigeria. Le prêtre avait été enlevé dans la nuit du 13 au 14 novembre par le groupe islamiste Boko Haram, dans le même secteur que sept Français, dont quatre enfants, kidnappés 19 février 2013 par la même organisation, classée par les Etats-Unis sur leur liste noire «terroriste». Selon le Quai d’Orsay, le père Vandenbeusch «a été libéré aux premières heures de la matinée dans le nord du Cameroun». «Il se trouve actuellement dans un avion avec l’armée camerounaise et va être remis à l’ambassadeur de France au Cameroun.» Il serait en bonne santé. Les conditions de sa libération ne sont pas encore connues.

Le chef de l’Etat français a «remercié tous ceux qui ont travaillé sans relâche à cette issue, notamment les autorités du Cameroun et du Nigeria» et «particulièrement le président Paul Biya pour son implication personnelle». Il a indiqué aussi avoir «demandé au ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, de se rendre à Yaoundé pour accueillir le père Vandenbeusch et le ramener en France dans les meilleurs délais».

Au Vatican, le porte-parole de la papauté s’est félicité mardi de la libération du prêtre français, dans une réaction à l’agence d’informations sur le Vatican I. Media. «La libération du père Vandenbeusch nous réjouit profondément et encourage à l’espérance», a déclaré le père Federico Lombardi, qui a également invité à prier «pour les autres personnes retenues injustement en otage» à travers le monde. «A la veille de la Journée mondiale de la paix, nous souhaitons que soit dépassée toute forme de violence, de haine et de conflit dans les régions tourmentées de l’Afrique, comme ailleurs dans le monde», a ajouté le père Federico Lombardi.

«Je veux rester au service des gens»

Georges Vandenbeusch avait été enlevé par une quinzaine de personnes venues «sans voiture» en plein milieu de la nuit, selon l’évêque de Nanterre, Mgr Gérard Daucourt. Les ravisseurs «sont d’abord allés dans la maison des sœurs pour trouver de l’argent, il n’y en avait pas, et le père Georges a eu le temps de prévenir l’ambassade».

Le Quai d’Orsay avait alerté à plusieurs reprises le prêtre sur la dangerosité de la zone et l’avait exhorté à partir : «En connaissance de cause, le père Georges avait fait le choix de demeurer dans sa paroisse pour l’exercice de sa mission.» De son côté, le prêtre avait confié à l’évêque du diocèse de Maroua : «Je veux rester au service des gens. Je sais que c’est difficile, mais c’est difficile pour moi aussi.»

A l’été 2011, Lemonde.fr avait consacré un article à ce prêtre dans le cadre de son blog «Une année en France». Il officiait alors à Sceaux, dans les Hauts-de-Seine. Pascale Krémer, la journaliste qui l’avait rencontré, se souvient d’un homme «affable, énergique et déterminé, tout en dégageant une grande sérénité». Le prêtre lui avait expliqué que «pour accueillir chez nous les chrétiens et les nombreux prêtres qui viennent d’Afrique, et pour qui c’est compliqué, nous devons comprendre la réalité de leur vie là-bas. […] Nous avons intérêt à puiser des ressources et de l’intelligence dans ces façons culturellement différentes d’accueillir le Christ».

En accord avec l’évêque de Nanterre, il était parti au Cameroun en septembre 2011, dans le diocèse de Maroua-Mokolo, pour une durée de trois à six ans en tant que Fidei Donum («don de la Foi»), titre donné aux prêtres diocésains qui sont envoyés en mission à l’étranger par leur évêque. La France compte 125 Fidei Donum, dont une cinquantaine en Afrique et une cinquantaine en Amérique Latine et Antilles.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, est un «partenaire stratégique» des Etats-Unis et les deux gouvernements «se battent ensemble» contre le «terrorisme» islamiste, a assuré un responsable du département d’Etat. Washington accuse Boko Haram d’être «responsable de milliers de morts dans le nord-est et le centre du Nigeria ces dernières années».

De fait, bien que Boko Haram, qui signifie «l’éducation occidentale est un péché» en haoussa, et Ansaru soient «des organisations terroristes centrées sur le Nigeria», elles entretiennent «des liens avec Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi)», constate le département d’Etat. Un responsable a évoqué «des entraînements et un financement limité» fournis par Aqmi à ces organisations, lesquelles regarderaient aujourd’hui au-delà de leurs frontières, vers le Niger et le Mali.

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