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L'évacuation du camp de migrants du «Millénaire», au nord de Paris, a commencé tôt ce mercredi matin. RFI/Simon Rozé

Migrations: évacuation du camp du «Millénaire» au nord de Paris

Plus de 1 500 migrants soudanais, somaliens et érythréens pour la plupart s’étaient entassés depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois dans ce que l’on a appelé le camp du « Millénaire », au nord de Paris, près du canal Saint-Denis. Ce camp – le plus grand de la capitale – était l’objet d’un conflit entre la mairie de Paris et le ministère de l’Intérieur, qui se renvoyaient la balle sur l’initiative de son démantèlement. L’évacuation a été lancée par les forces de l’ordre tôt ce mercredi 30 mai 2018.

L’opération d’évacuation doit conduire « à l’hébergement temporaire des personnes concernées dans une vingtaine de sites de Paris et de la région parisienne, puis à l’examen de la situation administrative de ces personnes », a déclaré ce mercredi matin le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb dans un communiqué.

Les migrants, encadrés par plus de 500 policiers et pompiers réquisitionnés, doivent monter dans une quarantaine de bus qui les conduiront vers ces centres. Des agents de la mairie de Paris sont également présents. Ils sont venus vers les tentes pour réveiller les personnes qui ne l’étaient pas encore.

Les migrants ont été conduits vers une vingtaine de lieux d’accueil, des gymnases transformés en dortoirs. Il s’agit de les mettre à l’abri, selon l’expression consacrée : là, ils pourront dormir sous un toit et non plus sous un bout de toile au bord du canal.

Les « dublinés » en première ligne

Mais cette « mise à l’abri » n’est que la première étape, puisque aussitôt va commencer l’examen administratif des dossiers dans ces gymnases. C’est l’Office français de l’immigration et de l’intégration qui va s’en occuper.

Le problème, c’est que de nombreux migrants de ce camp du « Millénaire » sont ce que l’on appelle des « dublinés » : leurs empreintes digitales ont été enregistrées dans un autre pays d’Europe – en général c’est l’Italie -, aussi ne peuvent-ils pas demander l’asile en France.

« Moi j’ai toujours dit que la mise à l’abri n’allait pas régler le problème de la crise de l’instrument européen qui s’appelle Dublin, prévient Pierre Henry, directeur général de France Terre d’Asile. Un système kafkaïen » qu’il espère voir se régler au plus vite au sein de l’Union européenne.

La mairie de Paris réclame « une politique globale »

L’évacuation de ce mercredi matin est la 35e opération de ce type organisée en trois ans dans la capitale française. Deux autres campements sont installés depuis plusieurs mois à Paris : canal Saint-Martin, où vivent quelque 800 migrants (surtout des Afghans) et porte de la Chapelle, avec 300 à 400 personnes.

Une situation qui devra un jour où l’autre être prise en charge. Reste à savoir par qui. Une question qui divise les principaux acteurs. Pour Dominique Versini, adjointe de la maire de Paris Anne Hidalgo, « l’accueil et l’hébergement des demandeurs d’asile, des réfugiés est de la compétence régalienne de l’Etat, c’est une compétence qui est dans la loi ».

Elle appelle le gouvernement à mettre en place une « politique globale, humaniste et pragmatique » afin d’être « à la hauteur de la situation ». Pour cela, la mairie de Paris propose l’ouverture d’un centre d’accueil humanitaire dans la capitale en collaboration avec l’Etat. Un centre qui permettrait selon Dominique Versini « d’accueillir au jour le jour les gens, au lieu de les laisser dans des conditions indignes, dans des campements improvisés ».

Avec RFI

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