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Mali: les défis qui attendent le futur président

Les Maliens sont appelés aux urnes dimanche pour le second tour du présidentiel opposant Soumaïla Cissé à Ibrahim Boubacar Keïta. Désigné pour cinq ans à la tête d’un État fragilisé, le futur président sera confronté à de nombreux challenges.

Les dossiers brûlants, pourtant, ne manquent pas dans ce pays économiquement paralysé depuis le coup d’État militaire du 22 mars 2012 qui a renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT). Corruption endémique, indocilité de l’armée, soubresauts indépendantistes des Touareg du Nord et menace djihadiste… De la capacité du prochain chef de l’État à se pencher rapidement sur ces questions dépend sa longévité au pouvoir.

Ce sont les rênes d’une nation tout juste sortie de la guerre dont héritera le futur dirigeant malien. Pays pointant, avant le conflit, à la 175e place (sur 187) du classement élaboré par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), le Mali a vu son PIB se contracter de 1,5 % lors des événements de 2012. Un recul qui aurait été encore plus conséquent sans les revenus issus, notamment, de l’exploitation des mines d’or du Sud, épargnées par les combats.

“La reconstruction concerne surtout le Nord, où l’insurrection islamiste et l’intervention française ont détruit l’ensemble des infrastructures des trois grandes villes que sont Gao, Tombouctou et Kidal, observe Michel Galy, professeur de géopolitique à l’Institut des relations internationales, à Paris. Mais après la reconstruction viendra le temps du développement. Car depuis 30 ans, si ce n’est 50, rien n’a été fait pour le Nord, où les milliers de francs CFA investis se sont éparpillés dans les sables de la corruption. Dans cette région, et tout particulièrement dans les villages touareg, il n’y a pas d’écoles, pas de puits, pas de routes, pas de centres de santé. Tout est à faire.”

“Les Maliens attendent du prochain président une homogénéisation des richesses entre le centre et les périphéries du nord et du sud du pays, abonde Emmanuel Dupuy, spécialiste des relations internationales au sein de l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE) qu’il dirige. Le nouveau pouvoir devra œuvrer à la mise en valeur du sous-sol malien, désigner les entreprises étrangères qui pourront l’exploiter et répartir ensuite la manne financière sur l’ensemble du pays.”

Consciente que les inégalités territoriales sont source d’instabilité, la communauté internationale a d’ailleurs conditionné l’octroi de ses 3 milliards d’euros d’aide au fait qu’ils soient équitablement redistribués, notamment dans le Nord.

Encore faut-il que la moitié septentrionale, coupée du reste du pays lors de l’occupation islamiste, soit dotée d’institutions capables de gérer l’argent. “La relance économique passe par la restauration des fondements administratifs sur tout le territoire. C’est l’un des défis majeurs du futur chef de l’État”, analyse Emmanuel Dupuy.

Coupé en deux après le coup de force des djihadistes, auxquels s’était alors associée la rébellion touareg, le Mali jouit de nouveau de sa souveraineté territoriale depuis l’intervention de l’armée française au début de 2013. Reste que dans certaines parties du Nord, notamment à Kidal, l’irrédentisme touareg connaît quelques soubresauts. “Les insurgés touareg sont présents dans cinq pays mais au Mali ils ne représentent plus qu’une force militaire résiduelle, précise Michel Galy. Ils sont restés neutres durant la campagne car ils attendent surtout ce qui sortira des nouvelles négociations que le futur président devra organiser, selon les termes des accords de paix préliminaires, dans les 60 jours suivant son élection afin de définir le statut de l’Azawad, la zone revendiquée par les rebelles.”

Affaibli, divisé, le mouvement indépendantiste touareg aura fort à faire pour obtenir l’autonomie de la région. “Il sera difficile pour le nouveau président de la leur accorder au vu de la tournure nationaliste qu’a pris la campagne électorale. Au mieux, le MNLA [Mouvement national de libération de l’Azawad] pourra bénéficier d’une décentralisation qui s’appliquerait alors à tout le pays.”

Pour les experts, la question touareg ne constitue cependant qu’une partie de cette reconquête de l’unité nationale. “Le chef de l’État devra fournir un effort supplémentaire vis-à-vis de toutes les populations maliennes et pas seulement des Touareg du MNLA, affirme Emmanuel Dupuy. D’un point de vue politique, il devra associer les perdants de l’élection.

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