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Mali: le second tour de la présidentielle entaché par des violences Google+
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Des soldats procèdent à des fouilles à l'entrée d'un bureau de vote de Bamako, lors du second tour de l'élection présidentielle, le 12 août 2018. © REUTERS/Luc Gnago

Mali: le second tour de la présidentielle entaché par des violences

Huit millions de Maliens étaient appelés à voter ce dimanche pour élire leur président. Le scrutin s’est bien déroulé dans de nombreuses localités et semble avoir été plus calme que le premier tour, mais a tout de même été émaillé de violences. En particulier dans le centre et le nord du pays. RFI fait le point sur les différents incidents qui ont perturbé ce deuxième tour.

L’attaque la plus grave a coûté la vie à un président de bureau de vote, dans le village d’Akordia au sud-ouest de Tombouctou, en début d’après-midi, ce dimanche. Des hommes armés ont fait irruption dans un bureau de vote et « menacé tout le monde », comme le raconte le chef du village Ousmane Touré.

Le président du bureau de vote, « un homme d’une trentaine d’années, a tenté de fuir, de sortir. Et c’est là qu’on l’a tué. On l’a abattu froidement ». Les assaillants « ont brûlé le matériel, les urnes, les papiers, tout a été brûlé ». Le corps, lui, a été « laissé sur place », explique le chef du village, avant que des forces armées ne soient dépêchées et ne le récupèrent, d’après le ministère de la Défense.

Selon Ousmane Touré, qui affirme qu’aucune force de l’ordre ou groupe d’autodéfense ne s’est déplacé pour sécuriser le scrutin dans son village ce dimanche, les assaillants seraient trois ou quatre « présumés jihadistes ». Ils se seraient ensuite rendus dans plusieurs villages du cercle de Niafounké pour proférer des menaces. Par crainte, certains bureaux de vote ont fermé avant l’heure, raconte le chef du village d’Akordia.

Matériel de vote brûlé ou détruit

Dans le village de Tinem, dans le cercle de Diré, des hommes armés ont volé et brûlé le matériel de vote samedi dans la nuit. Bocar Djitté, président du bureau de vote concerné, raconte que « des individus armés » sont venus le réveiller. « Ils ont tiré en l’air avec leur arme et m’ont demandé : “donne-moi le matériel de vote, tout de suite” ». Le lendemain matin, les habitants ont constaté que le matériel de vote avait été « brûlé » et n’ont donc « pas pu voter ».

Parmi les autres faits marquants, le ministère de la Défense note du matériel électoral détruit, dans l’ouest du pays à Karwasa, dans le cercle de Gouina. Des urnes ont été volées à Dianoulé près de Nampala dans le centre.

Certains bureaux de vote ont dû rester fermés

Selon les observateurs nationaux, un nombre significatif de bureaux de vote n’ont pas pu ouvrir, essentiellement dans le centre et le nord du pays. Comme au premier tour, où plus de 800 bureaux étaient restés fermés à cause, selon le ministère de l’Administration du territoire, « des intempéries et des problèmes de sécurité ».

Enfin, lors d’un premier point dimanche soir, Cécile Kyenge, la cheffe de la mission d’observation de l’Union européenne a rapporté que, dans plusieurs des 300 bureaux de vote observés par 80 observateurs européens dans le pays, « les listes électorales n’étaient pas affichées ». Un souci « observé un peu partout dans le pays ». Comme au premier tour, elle demande « la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote » et que soit rendue publique la « liste des bureaux de vote où le vote n’a pas eu lieu ».

Une amélioration par rapport au premier tour

Malgré ces problèmes, le ministère de la Défense affirme que le second tour s’est globalement mieux passé que le premier, avec moins d’incidents et moins de personnes blessées.

Ainsi, dans la région de Mopti, au centre du pays, le vote s’est globalement bien passé, estiment plusieurs sources. Avec 2 300 agents déployés sur place pour s’assurer de la sécurité, « près de la moitié des bureaux de vote ont pu fonctionner normalement », note un responsable local.

Par ailleurs, à Kidal, dans le nord, le gouverneur assure que des dispositions ont été prises pour encourager les nomades et les familles sinistrées par les pluies à aller voter. « 13 bureaux de vote ont été déplacés, car la majorité de la population vit à la campagne », explique Sidi Mohamed ag Ich’rach.

RFI

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