Mali : au moins 150 personnes tuées dans l’attaque d’un village peul


Ces civils auraient été tués par des chasseurs traditionnels de l’ethnie dogon.

Quelque 150 personnes ont été tuées ce samedi dans l’attaque d’un village peul du centre du Mali par des membres présumés de groupes de chasseurs traditionnels dogons, un peuple implanté dans ce pays, selon un dernier bilan.

Cette tuerie, la plus sanglante depuis la fin des principaux combats de l’opération lancée en 2013, à l’initiative de la France, pour chasser les groupes jihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays, s’est produite en pleine visite du Conseil de sécurité de l’ONU au Mali et au Burkina Faso voisin.

Le massacre de civils s’est produits dans le village d’Ogossagou-Peul, dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso. « Ils ont été tués par des chasseurs traditionnels. Ils ont tué avec des fusils, des machettes », a affirmé une source de sécurité malienne. « Quand [les chasseurs] sont arrivés dans le village, ils ont commencé à tirer sur la population civile », a témoigné le maire Cheick Harouna Sankaré, qui était candidat à l’élection présidentielle de juillet-août, .auprès de RFI. « Ils ont découpé à coup de machette des femmes. Des femmes enceintes ont été éventrées. Un jeune du village a été présenté devant sa mère, ils l’ont assassiné devant sa mère et puis ils l’ont assassinée ».

Un bilan qui risque de s’alourdir

L’attaque a également été signalée par une source militaire malienne..

Depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs propres « groupes d’autodéfense ».

Ces violences ont coûté la vie à plus de 500 civils en 2018, selon l’ONU. Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les djihadistes, par les autorités ou l’armée, ce que dément le gouvernement.

En réaction, plusieurs chefs de l’armée ont été limogés ce dimanche, et une milice de chasseurs a été dissoute.

Source: Le Parisien

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