Les Lions indomptables sont arrivés au Brésil dans une atmosphère tendue

Après un bras de fer avec leur fédération, les Lions indomptables du Cameroun ont obtenu les primes qu’ils demandaient. Ils ont finalement embarqué lundi au petit matin pour le Brésil, où ils sont arrivés en milieu de journée. Dans une ambiance forcément peu sereine.

Finalement, l’équipe du Cameroun est arrivée lundi en milieu de journée au Brésil, après avoir décollé de Yaoundé à 5 h 46 (heure locale). Avec un jour de retard, et loin de l’atmosphère sereine que requiert l’événement, la voici donc au Brésil pour disputer la XXe Coupe du monde de football. Un dénouement qui arrive après un nouveau bras de fer avec la Fédération camerounaise de football (Fécafoot).

Dimanche matin, en effet, les joueurs sont restés cloîtrés dans leur hôtel et ont refusé de monter dans l’avion spécial affrété par la présidence. En cause : un problème de primes les opposant aux dirigeants de leur fédération depuis le mois de mai. D’une part, les joueurs entendaient voir le montant des primes revalorisé. D’autre part, ils exigeaient le versement d’une avance en liquide avant de quitter Yaoundé.

Jusqu’à samedi, le gouvernement s’en tenait à une prime de participation de 50 millions de francs CFA (76.000 euros). Un montant qui ne convenait pas aux joueurs. Selon la télévision camerounaise CRTV, chaque joueur percevra finalement une prime de participation de 50 millions de francs CFA pour chaque étape franchie dans la compétition. De plus, 6% des recettes encaissées par la Fécafoot à l’occasion du Mondial reviendront à l’équipe. La prime de participation minimum garantie par la Fifa à chaque fédération étant de 8 millions de dollars (3,8 milliards de francs CFA).

Versement en liquide

Quant au versement en liquide d’une avance (5,8 millions de francs CFA par personne, soit 8.800 euros), exigé par les joueurs, il est intervenu hier en fin d’après-midi. Selon le journal L’Equipe, « les Lions, [qui seraient] habitués à voir leurs responsables manquer à leurs obligations, ne les croyaient pas sur parole : ils attendaient de recevoir le liquide avant de se décider à rejoindre le Brésil ». Or, la prime de la Fifa étant versée après la compétition, les dirigeants ont dû, selon un communiqué de la Fécafoot, contracter un prêt auprès d’une banque locale pour débloquer les fonds nécessaires.

Joseph Antoine Bell: «C’est la faute des dirigeants» 

En mai, le problème des primes avait déjà occasionné une grève de l’entraînement, interrompue afin de préparer le match amical disputé le 1er juin contre l’Allemagne (2-2). Samedi, les joueurs avaient à nouveau marqué leur détermination en refusant d’assister à la traditionnelle cérémonie au cours de laquelle les autorités leur remettent le drapeau du pays avant un départ pour une compétition à l’étranger. Le sélectionneur allemand Volker Finke a finalement reçu l’emblème national devant un Premier ministre courroucé.

Cet épisode n’est pas le premier dans l’histoire de la sélection camerounaise. On se souvient qu’avant la Coupe du monde 2002 en Corée du Sud, les joueurs avaient déjà retardé d’une semaine leur départ depuis la France afin de récupérer l’argent qui leur avait été promis.

Après leur arrivée à Rio, les joueurs du Cameroun doivent encore prendre un avion pour Vitoria, à quelque 400 kilomètres au nord-ouest, où ils installeront leur camp de base.
La préparation des Lions indomptables aura ainsi été polluée par une histoire d’argent, mais également perturbée par un retard de vingt-quatre heures sur le plan prévu, de même que par un départ au petit matin… à seulement quatre jours de leur entrée en lice dans le groupe A, le 13 juin, face au Mexique. On a connu meilleures conditions pour partir à la conquête de la Coupe du monde !

1 Commentaire

  1. Les dirigeants des Fédérations africaines de Football doivent se départir de ces attitudes qui n’honorent pas le Football.
    Les joueurs sont toujours confrontés à ces “histoires de primes” qui ne sont toujours pas reversés aux ayant droit et cela représente un handicap dans la préparation des sélections nationales africaines.
    Je pense que ceci doit être définitivement banni dans notre politique sportive.

Laisser un commentaire