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L’épidémie de fièvre Ebola a atteint la capitale guinéenne

ebola en guinée

L’épidémie de fièvre Ebola qui a fait des dizaines de morts dans le sud de la Guinée a atteint la capitale, Conakry, a annoncé dimanche 23 mars le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). L’épidémie de fièvre virale hémorragique, apparue début février dans le sud du pays, a fait au moins 59 morts, selon le dernier bilan des autorités guinéennes. « Au moins 59 des 80 personnes qui ont contracté Ebola dans ce pays d’Afrique de l’Ouest sont mortes jusqu’à présent. Ces derniers jours, la fièvre hémorragique mortelle s’est rapidement répandue des préfectures de Macenta, Guéckédou et Kissidougou (Sud) à la capitale, Conakry », déclare l’Unicef dans un communiqué.

L’épidémie a été diagnostiquée à Lyon, en France, comme étant une fièvre Ebola, a expliqué samedi le chef de la division prévention au ministère de la santé et de l’hygiène publique guinéen, le docteur Sakoba Kéita. Le virus Ebola se manifeste par une poussée de fièvre, des diarrhées, des vomissements, une fatigue prononcée et parfois un saignement. Avec un taux de mortalité de 90 %, il figure parmi les plus contagieux et mortels chez l’homme, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Il n’existe aucun traitement ni vaccin. Il se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus des sujets infectés.

C’est la toute première fois que la fièvre Ebola, qui touche habituellement la République démocratique du Congo (RDC), l’Ouganda, le Gabon ou le Soudan du Sud, est signalée en Guinée. Les responsables de l’OMS ont dit craindre que la maladie ne s’étende aussi à la Sierra Leone voisine, des cas présentant des symptômes analogues ayant été signalés.

« Nous sommes débordés sur le terrain, nous luttons contre cette épidémie avec les moyens du bord, avec le concours des partenaires (OMS, MSF, Unicef, etc.), mais sachez que c’est difficile, mais nous y parviendrons », a ajouté le docteur Kéita. Du côté des organisations internationales, la propagation de l’épidémie alimente les craintes. « En Guinée, un pays dont les infratructures sanitaires sont déjà faibles, une maladie comme celle-ci peut être dévastatrice », souligne Mohamed Ag Ayoya, représentant de l’Unicef en Guinée. L’Unicef précise qu’au moins trois des victimes de l’épidémie, qui a débuté le 9 février, sont des enfants.

INTERVENTION D’URGENCE

Les services sanitaires qui luttent contre une épidémie de fièvre Ebola en Guinée ont envoyé dimanche dans les régions touchées du matériel médical spécialisé, imposé des restrictions pour les cérémonies funèbres et se sont employés à contenir la panique, afin d’empêcher que l’épidémie ne se propage.

« Ebola est une maladie extrêmement grave et l’Unicef a pris immédiatement des mesures pour réduire les risques pour les enfants de Guinée », a ajouté le docteur Ag Ayoya. En collaboration avec le ministère de la santé guinéen, l’Unicef a rapidement livré dans les zones les plus affectées 5 tonnes de médicaments et d’équipements médicaux tels que des gants, nattes plastiques, couvertures, protège-nez, et des solutions de réhydratation orale et intraveineuse pour protéger le personnel médical et traiter les malades.

L’organisation a aussi « accentué la communication sur le terrain pour informer et sensibiliser le personnel médical et la population sur les mesures à prendre afin d’éviter de contracter Ebola », a encore indiqué le médecin. La maladie est particulièrement dévastatrice parce que les personnels médicaux sont parmi les premières victimes, ce qui menace le déroulement des soins dans un pays qui souffre déjà d’un manque de personnel médical. « Au moins huit agents de santé ont été tués à ce jour », a indiqué l’Unicef.

L’organisation internationale Médecins sans frontières (MSF) a annoncé samedi le lancement d’une intervention d’urgence dans le pays. « Vingt-quatre médecins, infirmiers, logisticiens et spécialistes de l’hygiène et de l’assainissement sont déjà sur place alors que d’autres personnes vont renforcer l’équipe au cours des prochains jours », a précisé MSF dans un communiqué.

En collaboration avec le ministère de la santé guinéen, « MSF a mis en place une structure d’isolation des cas suspects à Guéckédou, et se prépare à faire de même à Macenta », deux localités de la région de Nzérékoré, dans le sud du pays, ajoute l’ONG qui recherche également les personnes susceptibles d’avoir été infectées lors de contacts avec des patients. Environ « 33 tonnes de matériel » vont être acheminées par deux avions au départ de la Belgique et de la France, a ajouté MSF.

Les autorités guinéennes avaient annoncé vendredi avoir décidé le « traitement gratuit de tous les malades dans les centres d’isolement », le « recensement de toutes les personnes qui ont eu des contacts directs avec les malades décédés et ceux présentant les signes » de la maladie. Le ministre de la santé, le médecin colonel Remy Lamah, avait indiqué qu’une mission avait été dépêchée dans la zone où se sont déclarés les premiers cas pour identifier la maladie, et des prélèvements envoyés en France pour examen.

Selon le colonel Lamah, les cas de « maladies fébriles » enregistrés depuis le 9 février l’ont été « dans certaines préfectures de la Guinée forestière et à Conakry. Ces cas ont été enregistrés dans les préfectures de Guéckédou, Macenta, Kissidougou et à Conakry », a-t-il précisé.

APPEL À LA VIGILANCE

La maladie à l’origine de l’épidémie actuelle « se transmet essentiellement d’une personne malade à une personne saine et aussi par des objets souillés appartenant à des personnes malades ou décédées. (…) La consommation de viande d’animaux de brousse infectés » peut « être également une source de contamination », a ajouté le ministre.

Le gouvernement a invité les populations à la vigilance et à prendre les mesures préventives adéquates. Il a demandé aux services de santé de prendre toutes les dispositions nécessaires pour contenir la maladie et signaler tout cas suspect aux autorités sanitaires.

Source : Le Monde.fr avec AFP

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