Le ministre Amadou Bâ trouve que le gouvernement du Sénégal dépense énormément dans le paiement des salaires

Le ministre de l’Economie et des Finances, Amadou Bâ, estime que les 491 milliards de francs CFA de masse salariale annuelle portée par l’Etat du Sénégal est très élevée par rapport aux 1500 milliards de recettes fiscales.

“En ce qui concerne les salaires, l’Etat fait des efforts extrêmement importants. C’est 491 milliards que nous dépensons par an, pour des recettes fiscales de l’ordre de 1500 milliards. C’est un effort très important que l’Etat fait pour une minorité, c’est-à-dire 150.000 ou 250.000 personnes (les salariés) au maximum”, a dit M. Bâ.

Il s’entretenait avec des journalistes, jeudi soir à Dakar, en marge d’un dîner. Le Plan Sénégal émergent (PSE) a été présenté à cette occasion aux journalistes, par des fonctionnaires du ministère de l’Economie et des Finances.

“On ne peut pas aspirer à l’émergence sans mesurer les forces et les faiblesses de notre économie. C’est à ce niveau-là que nous avons étudié nos problèmes budgétaires”, a expliqué Amadou Bâ.

Le niveau de la masse salariale – elle représente près d’un tiers des recettes fiscales – “pose un certain nombre de problèmes”, a-t-il souligné.
“Deux questions vont se poser” à cause du niveau de la masse salariale, a dit M. Bâ, en ajoutant : “Doit-on continuer à recruter ? Ou doit-on dérouler une politique continue des revenus ?”.

En plus de payer les salaires, l’Etat doit “avoir de l’espace budgétaire pour la grande majorité des Sénégalais, qui réclament des routes, des logements décents, etc.”, a affirmé le ministre de l’Economie et des Finances.

“Nous avons les taux de croissance les plus faibles de la sous-région parce que nous dépensons mal”, a-t-il déclaré auparavant.

“La vérité, c’est que nous avons des faiblesses, mais avec une grande capacité de gestion macroéconomique, ce qui ne suffit pas”, a affirmé M. Bâ.

Il a surtout déploré la faiblesse des taux de croissance du Sénégal. Selon son département, le Sénégal a un taux de croissance moyenne de 3,3% entre 2006 et 2012, contre une moyenne de 3,6% pour l’ensemble de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et 6,4% pour la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), durant la même période.

L’énergie est l’un des goulots d’étranglement de l’économie sénégalaise, a rappelé Amadou Bâ. “L’énergie, c’est la clé des réformes. On veut crédibiliser le plan de réforme de l’énergie” par des structures indépendantes comme la Banque mondiale, “pour trouver des investissements à ce secteur”, a-t-il poursuivi.

La rencontre du ministre de l’Economie et des Finances avec les journalistes rentre dans le cadre d’une série prévue par les autorités sénégalaises en prévision d’une table ronde avec des bailleurs, les 24 et 25 février à Paris (France).

Le Sénégal rencontre ces bailleurs dans l’objectif de mobiliser une partie des financements nécessaires à la mise en œuvre du PSE, le plan par lequel il veut parvenir à l’”émergence” économique, au plus tard en 2035.

Le coût du PSE a été arrêté à 10.287,6 milliards de francs CFA. Pour le mettre en œuvre, le Sénégal cherche un financement additionnel de 2964 milliards de FCFA, dont 1853 milliards auprès des partenaires techniques et financiers, et 1111 milliards auprès du secteur privé.

aps

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