Kenya: au moins 10 morts dans un nouvel attentat revendiqué par les shebab

En “guerre” contre le pouvoir kényan, les islamistes somaliens shebab ont poursuivi leurs attaques meurtrières le long de la côte touristique de l’océan Indien, avec un nouveau raid qui a fait au moins dix morts lundi soir près de l’archipel de Lamu. En moins de 48 heures, deux attaques perpétrées dans la même zone -en plein territoire kényan et à une centaine de km de la frontière somalienne- ont fait près de 60 tués, tous Kényans, posant un défi majeur aux autorités du pays, dont les troupes combattent contre les shebab en Somalie au sein d’une force africaine.

Dans la nuit de lundi à mardi, des hommes armés ont cette fois fait une descente sur le village de Poromoko, y tuant au moins “dix personnes”, a indiqué la police locale. Selon la même source, les assaillants semblaient faire partie du commando – une cinquantaine d’hommes lourdement armés – qui avait tué dimanche soir au moins 49 personnes dans la localité toute proche de Mpeketoni, ciblant exclusivement – selon des témoins – des hommes de confession chrétienne.

Légèrement en retrait de l’océan Indien, Mpeketoni se trouve à une trentaine de kilomètres de la ville touristique et historique de Lamu, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. A Mpeketoni, ravagée dimanche soir par les flammes, la tension restait très forte mardi matin, alors qu’une trentaine de corps étaient toujours étendus sous une tente dans le jardin de l’hôpital, avant leur enterrement.

“Les gens se disaient que c’était terminé hier (lundi), mais quand nous avons appris les nouvelles ce matin, l’humeur est devenue sinistre”, a confié à l’AFP David Njoroge, un pasteur évangélique de 54 ans. Les shebab, liés à Al-Qaïda, n’ont pas tardé à revendiquer l’opération sanglante de Poromoko, affirmant avoir tué “20 personnes”.”Nous avons tué 20 personnes, principalement des policiers et des gardes forestiers kényans. Les membres du commando se sont rendus dans plusieurs endroits à la recherche de soldats”, a déclaré à l’AFP par téléphone Abdulaziz Abu Musab, porte-parole militaire des shebab.

“Les membres du commando ont accompli leur devoir et sont rentrés tranquillement à leur base”, a-t-il ajouté, sans préciser si cette “base” se trouve au Kenya ou en Somalie voisine, située à une centaine de kilomètres au nord de la zone des attentats. Chrétiens exécutés Une porte-parole de la police nationale kényane, Zipporah Mboroki, a confirmé le nouvel attentat mais sans donner de bilan. “Nos policiers essaient d’accéder au lieu de l’attaque et les informations restent partielles”, a-t-elle dit.

Condamné par les Etats-Unis et l’ONU, l’attentat de Mpeketoni était le plus meurtrier et le plus spectaculaire depuis l’assaut par un commando shebab du centre commercial Westgate de Nairobi en septembre 2013, qui avait fait au moins 67 morts. Selon des survivants, le commando s’en est pris dimanche exclusivement à des hommes chrétiens, épargnant femmes, enfants et musulmans. “Ils les ont tués un par un (…), directement dans la tête, l’un après l’autre”, a raconté David Waweru, un jeune homme qui avait réussi à se mettre à l’abri.

 

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