Irak: Bagdad demande aux Etats-Unis de frapper par les airs

Mercredi 18 juin, le chef de la diplomatie irakienne a indiqué que Bagdad avait demandé à Washington de mener des frappes aériennes contre les combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Le Premier ministre Nouri al-Maliki a promis de faire échec à l’offensive des jihadistes. Et cela, alors que les combats font rage entre l’armée et les insurgés sunnites dans la principale raffinerie de pétrole du pays.

Après neuf jours d’offensive, les combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont lancé l’assaut tôt mercredi contre la raffinerie de Baiji dans la province de Salaheddine, à 200 kilomètres au nord de Bagdad. Les jihadistes l’occuperaient partiellement. De quoi inquiéter les autorités irakiennes.

Le site est la principale source pour l’approvisionnement intérieur en carburant. De violents affrontements ont opposé les rebelles sunnites à l’armée, ils auraient fait une quarantaine de morts dans le camp jihadiste selon les autorités. L’armée croit pouvoir libérer dans les prochaines heures Tal Afar, ville également stratégique au nord-ouest, sur la route menant à la Syrie. Les combattants de l’EIIL en contrôlent une partie.

Frappes aériennes américaines : Bagdad franchit le pas

Si l’Irak estime pouvoir mettre en échec l’action des jihadistes, Bagdad a demandé officiellement aux Etats-Unis des frappes aériennes contre l’EIIL, en vertu de l’accord sécuritaire liant les deux pays. Barack Obama étudie différentes options pour répondre à cette requête, mais il ne semble pas vouloir se laisser influencer par l’urgence de la situation brandie par les faucons américains et le gouvernement irakien. Mercredi, le président Obama a reçu à la Maison Blanche les leaders du Congrès, pour une réunion d’information, relate notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio.

Les responsables républicains et démocrates ont ainsi eu l’occasion d’exprimer leur point de vue sur la situation en Irak, et sur la réponse éventuelle des Etats-Unis. Le président a lui aussi exposé ses options. Les parlementaires ont publiquement donné leur avis, les républicains pressant le président d’agir et de répondre à la demande de frappes aériennes des iIakiens tandis que les démocrates se montrent plus prudents.

Les Etat-Unis se donneront le temps de cibler d’éventuelles frappes

On ne sait pas où en est la réflexion de Barack Obama. On connait en revanche la recommandation du chef d’état-major des armées, le général Martin Dempsey, qui pointe les limites d’une intervention par les airs. Selon lui, les Etats-Unis doivent se donner le temps de collecter toute l’information nécessaire : « Ce n’est pas aussi facile que de regarder la vidéo d’un convoi sur un iPhone, et frapper immédiatement, fait-il valoir. Jusqu’à ce que nous soyons en mesure de clarifier les photos du renseignement, nous allons continuer à élaborer et affiner nos options. Les renseignements seront ainsi plus précis. Et ensuite, le président pourra prendre une décision. »

Quant au voisin iranien, il temporise désormais lui aussi. Après avoir dit que Téhéran pourrait collaborer avec les Etats-Unis pour aider l’Irak, les autorités iraniennes semblent à présent lier leur engagement au succès des pourparlers sur le dossier nucléaire iranien à Genève. Mais le président Hassan Rohani l’a redit ce mercredi : l’Iran, puissance chiite, se garde quand même le droit d’intervenir en cas d’attaque des lieux saints d’Irak, véritable ligne rouge.

Au Kurdistan, les Peshmergas forment le principal rempart contre d’éventuels assauts jihadistes

Les événements qui se déroulent dans le nord du pays ont accéléré la formation d’un gouvernement au Kurdistan irakien autonome. Cela faisait des mois que le Premier ministre Nechirvan Barzani tentait de former une équipe dont la composition n’a pas été entièrement annoncée. Cette nouvelle donne est aujourd’hui permise par une force combattante : les Peshmergas. Reportage de notre envoyé spécial à Erbil, capitale du Kurdistan irakien, Nicolas Falez.

 

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