Intervention en Syrie: mobilisation au plus haut niveau dans les pays occidentaux

Intense activité diplomatique autour du dossier syrien ces dernières heures. Si les capitales occidentales répètent qu’aucune décision n’est prise pour l’instant concernant une intervention en Syrie, certains pays sont à la manoeuvre, comme le Royaume-Uni où le Parlement est convoqué ce jeudi. Ce mardi à Paris, le président Hollande a précisé la position de la France sur ce dossier, affirmant notamment que la France était prête à «punir ceux qui ont prix l’infâme décision de gazer des innocents».

A Damas, la mission des inspecteurs de l’ONU toujours présents dans le pays, a été suspendue ce mardi dans la matinée pour quelques heures. Le régime de Bachar el-Assad estime que les rebelles n’ont pas fourni les garanties suffisantes pour que l’équipe des Nations unies puisse travailler en toute sécurité. « L’ autre camp ne s’est pas mis d’accord pour assurer la sécurité des enquêteurs. Voilà pourquoi le déplacement des enquêteurs a été reporté à mercredi » a expliqué le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem ce mardi matin.

Pas de décision officielle d’intervention, mais beaucoup d’agitation dans les chancelleries

Les capitales occidentales le répètent, aucune décision n’est prise pour l’instant concernant la Syrie. Et pourtant, le Royaume-Uni est à la manœuvre. Des plans militaires sont en voie d’élaboration par les services britanniques, c’est officiel. Et le Premier ministre lui-même, David Cameron est à la manoeuvre. David Cameron a écourté ses congés pour revenir d’urgence à Londres. Il est désormais en première ligne sur le dossier syrien, rapporte notre correspondant à Londres, Adrien Moss. Il est arrivé ce mardi en fin de matinée à Downing Sreet et depuis étudie ce que pourrait être, indique Downing Street, une réponse appropriée. David Cameron cherche aussi comment justifier légalement une telle intervention.

Selon William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères, une action militaire d’ici quelques jours n’est pas exclue

Selon le témoignage de pilotes civils qui ont confié cette information au quotidien The Guardian, des préparatifs militaires sont en cours sur la base britannique d’Akrotiri à Chypre, avec des avions C130, qui arrivent sur cet aéroport des chasseurs.

Mais si à Londres, on est convaincu que des armes chimiques ont bien été utilisées par le régime syrien, armes jugées inacceptables, et que l’on cherche un moyen d’empêcher Bachar el-Assad de recommencer, aucune décision n’est encore prise. Et on précise  que rien ne se fera sans un accord avec les alliés internationaux.

Le Parlement britannique convoqué jeudi

Demain, mercredi, un Conseil national de sécurité avec des chefs militaires et les principaux ministres doit se tenir, et les militaires vont faire des propositions. Des propositions plus concrètes pourraient alors émerger. L’hypothèse de frappes ciblées par des missiles de croisière est privilégiée.

Le Premier ministre David Cameron a donc tranché ce mardi matin et convoqué le Parlement pour ce jeudi pour un vote «sur la réponse du Royaume-Uni aux attaques à l’arme chimique». Les députés sont partagés, l’opinion publique aussi.

Côté français, une intervention qui ne fait plus guère de doute

Le Premier ministre français et le ministre des Affaires étrangères l’ont dit à plusieurs reprises, pas question de rester sans rien faire devant ce crime contre l’humanité que constitue l’usage d’armes chimiques, selon les termes de Jean-Marc Ayrault

Sur la question de la légalité d’une éventuelle action militaire, Laurent Fabius a également laissé entendre qu’il était possible de s’affranchir de l’aval de l’ONU, où la Russie et la Chine bloquent toute attaque contre le régime de Bachar Al Assad.

Le président Hollande, qui s’exprimait ce mardi dans le cadre de la conférence de rentrée des ambassadeurs, a assimilé la situation syrienne à « une guerre civile qui menace aujourd’hui la stabilité du monde », ajoutant que « La France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents ».

Jean-Yves Le Drian dans le Golfe

Et au-delà des déclarations il y a les actes concrets. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian est en ce moment dans la région : hier lundi 26 août, au Qatar, et il rencontre aujourd’hui son homologue des Emirats arabes unis, pays qui héberge une base militaire française.

Ces pays soutiennent militairement la rébellion syrienne. Dans la perspective d’une frappe de Damas, une coordination sans faille est donc essentielle.

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