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Guantánamo : les autorités tentent de justifier l’alimentation forcée.

Vivement critiquée pour l’alimentation forcée des détenus grévistes de la faim, la prison de Guantánamo a accueilli des journalistes il y a quelques jours pour expliquer sa démarche.

Lors de cette visite organisée le 7 août sur la base américaine de Guantanamo, les personnels médicaux de l’hôpital de la prison montrent la chaise où les grévistes de la faim sont sanglés et entravés pour être alimentés.

“D’abord, nous leur proposons un repas normal, quand ils le refusent, nous leur proposons d’avaler eux-mêmes la substance nutritive Ensure ; quand ils refusent encore, les gardiens les emmènent jusqu’à la chaise et les attachent”, explique un aide-soignant, qui se cache sous le nom de “Leonato”, emprunté au répertoire shakespearien pour conduire cette procédure largement condamnée par les organisations de défense des droits de l’Homme.

Ensuite, “nous mesurons la longueur nécessaire du tube, leur proposons un gel (anesthésique) ou de l’huile d’olive”, ajoute-t-il, en montrant la fine sonde en caoutchouc qu’il faudra insérer dans le nez jusqu’à l’estomac. “Le flux alimentaire dure 30 à 35 minutes”.

“C’est une procédure rapide”, renchérit son collègue “Froth”, “la plus grande irritation vient du tube qui passe dans la gorge mais ce n’est pas douloureux”. “C’est juste inconfortable”, estime un autre aide-soignant, Eric.

 

Aucun journaliste n’a jamais pu assister à une de ces séances, conduites deux fois par jour à l’intérieur des camps 5 et 6, sur 38 des 53 détenus en grève de la faim encore dénombrés dimanche par la prison.

Depuis six mois, les hommes détenus sur des soupçons de liens ou d’activités terroristes, protestent ainsi contre leur incarcération sans charge ni procès depuis plus d’une décennie.

“Evidemment, si ces hommes ne mangeaient pas depuis six mois, aucun d’entre eux ne serait encore en vie”, explique le capitaine Robert Durand, en charge des relations extérieures à Guantanamo.

“Nous préservons la vie sur des bases légales”, dit-il, préférant parler d’alimentation interne” comme le veut l’armée, plutôt que d’alimentation forcée”.

“La plupart d’entre eux se plient à la procédure, qui est conçue pour être sans douleur”, ajoute le responsable, en réfutant catégoriquement la description qu’en a fait récemment la juge fédérale Gladys Kessler : “douloureuse, humiliante et dégradante”.

“Cela n’a rien à voir avec la présentation théâtrale faite par le musicien”, fustige encore le responsable militaire, interrogé sur la  récente vidéo choc du rappeur Mos Def, qui, revêtu d’une combinaison orange, tête, jambes et bras sanglés, hurle et se débat quand on lui insère un tube par le nez.

“C’était une douleur atroce dans ma poitrine, ma gorge et mon estomac”, a au contraire écrit récemment un gréviste de la faim dans une tribune au “New York Times”. Le Yéménite Samir Naji al-Hasan Moqbel dit n’avoir “jamais ressenti une telle souffrance auparavant”.

Quatre autres détenus ont parlé de “torture” et imploré, en vain, la justice de mettre fin à ce “gavage”.

“Ce n’est pas une procédure que l’on prend à la légère”, admet un médecin-chef de la prison, mais elle est “nécessaire pour préserver la vie” des détenus, en conformité avec les prisons fédérales.

Ce médecin, qui préfère cacher son nom et son visage, a ausculté la majorité des 106 grévistes de la faim dénombrés en juin, au plus fort du mouvement dans la prison qui compte 166 détenus.

Pas moins de 137 personnels médicaux travaillent à la prison, dont 37 appelés en renfort pour la grève de la faim.

Alors quand un détenu rencontre les critères de perte de plus de 15% du poids corporel, de 21 jours consécutifs de jeûne et de symptômes cliniques établis, le médecin en chef recommandera qu’il soit ainsi intubé, de gré ou de force.

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