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Football: Arsène Wenger va quitter Arsenal après 22 saisons

Arsène Wenger va quitter le club anglais de football Arsenal, cet été, après 22 saisons. Le Français aura connu un âge d’or entre 1996 et 2006, avant de vivre des années plus difficiles, entre 2007 et 2018.

C’est la fin d’une quasi-anomalie. Dans un football moderne où les entraîneurs conservent rarement plus de 22 mois leur poste, Arsène Wenger, lui, aura coaché Arsenal durant 22 ans. Le Français va en effet quitter les « Gunners », cet été. « Après un examen attentif et après discussion avec le club, je pense que c’est le bon moment pour moi de me retirer à la fin de la saison », a-t-il déclaré sur arsenal.com, ce 20 avril 2018.

« Arsène qui ? »

L’histoire entre l’Alsacien et la formation londonienne a débuté en 1996. Cet ex-défenseur au modeste parcours (1969-1981) vient alors de passer deux saisons au Japon, à la tête de Nagoya Grampus (1994-1996). Ses expériences françaises aux commandes de Nancy (1984-1987) et surtout de Monaco (1987-1994) n’impressionnent pas le moins du monde en Angleterre. Le football européen entre en effet tout juste dans l’ère de la dérégulation et de la libéralisation du marché des travailleurs. Les joueurs et techniciens étrangers sont encore rares outre-Manche.

C’est donc peu de dire qu’Arsène Wenger est accueilli avec scepticisme en Premier League. Le journal Evening Standard titre même « Arsene Who? »

Des méthodes inédites et gagnantes

Pourtant, Arsenal finit troisième du Championnat, à l’issue de l’exercice 1996-1997. Arsène Wenger apporte des méthodes plutôt inédites dans un foot anglais où les pros sont peu regardants sur l’hygiène de vie. Le Français pousse ses joueurs à mieux manger et surtout à moins boire. Il tire ainsi le défenseur et capitaine emblématique, Tony Adams, de l’alcoolisme.

Grâce au talent de l’attaquant néerlandais Dennis Bergkamp, et à une défense de fer, le fameux « back four » Adams-Lee Dixon-Steve Bould-Nigel Winterburn, Arsenal remporte à la surprise générale le Championnat et la Coupe d’Angleterre, en 1997-1998. Arsène Wenger gagne au passage le respect des Britanniques.

Des jeunes et des Français en renfort

Le retour en force de Manchester United relègue toutefois les « Gunners » à la deuxième place. Pour faire face au superbe effectif bâti par l’Ecossais Alex Ferguson, le Français va recruter beaucoup de jeunes joueurs et surtout de Français : Nicolas Anelka (1996-1999), Rémi Garde (1996-1999), Patrick Vieira (1996-2005), Gilles Grimandi (1997-2002), Emmanuel Petit (1997-2000), Thierry Henry (1999-2007), Sylvain Wiltord (2000-2004), Robert Pirès (2000-2006)…

Une stratégie gagnante puisque le melting-pot londonien offre un nouveau doublé à Arsenal, en 2002. En 2003-2004, Arsenal fait encore mieux en devenant le premier champion depuis 1888-1889 sacré sans la moindre défaite. Les supporters rebaptisent alors leur club Arsène FC, tandis que les médias surnomment ses protégés, « les invincibles ».

Un bilan famélique en coupes d’Europe

Si Arsène Wenger a alors conquis le Royaume-Uni, sur le continent, Arsenal est loin d’être souverain. Les campagnes européennes s’enchaînent sans grand succès. Battu en 2000 par le club turc de Galatasaray en finale de la Coupe UEFA (l’ancêtre de la Ligue Europa), l’équipe-phare du North London doit attendre 2006 pour disputer celle de la Ligue des champions.

Le FC Barcelone s’impose toutefois 2-1 au Stade de France, brisant une nouvelle fois les rêves de grandeur des « Gunners ».

Sur la pente descendante

Cet échec marque un tournant dans l’histoire d’Arsène Wenger à Arsenal. L’été qui suit, le club quitte son stade mythique d’Highbury (38.000 places) pour une enceinte flambant neuve, l’Emirates Stadium (60.000 places). Celle-ci, construite à coups de millions, est censée rapporter d’énormes recettes. Elle entraîne surtout une flambée du prix des billets et un embourgeoisement du public.

Dans un écrin devenu beaucoup plus silencieux, Arsenal continue de pratiquer ce football agréable, cher à son manager. Mais les résultats suivent de moins en moins. Après avoir glané 11 trophées en 10 saisons, la formation londonienne va se contenter de 6 titres en 12 saisons, dont aucun entre 2005 et 2014 !

Des humiliations mémorables

Les montées en puissance de Chelsea, repris par le milliardaire russe Roman Abramovich, puis de Manchester City, racheté par l’homme d’affaires émirati Khaldoon Khalifa Al Mubarak, font beaucoup de mal à Arsenal, qui va recevoir des claques monumentales.

Le 8 août 2011, Manchester United massacre son rival 8-2, en Championnat. Comble de l’humiliation, c’est son ex-meilleur ennemi Alex Ferguson qui le défend : « C’est vraiment injuste de le critiquer. Il faut garder en mémoire tout ce qu’il a fait pour Arsenal. »

Le 22 mars 2014, José Mourinho n’a pas la même classe. Le Portugais, qui hait Wenger de toutes ses forces – et c’est réciproque – se délecte. Pour le 1000e match du Strasbourgeois avec Arsenal, Chelsea déroule 6-0.

« Dépense ton put… d’argent ! »

Même les très policés supporters ont fini par perdre patience. En 2011, ils chantent « Spend your fucking money ! ». Soit « dépense ton put… d’argent ! » Car, de fait, Arsenal en a, mais son entraîneur rechigne à se lancer dans le recrutement de superstars à des tarifs faramineux, comme le Real Madrid avec Cristiano Ronaldo ou Kaka…

Mais Arsène Wenger reste fidèle à sa philosophie. Sans très grand succès. Mourinho le qualifie de « spécialiste de l’échec ». Chaque été, la question revient donc sur toutes les lèvres : le Français va-t-il enfin partir ? Le Paris Saint-Germain, racheté par le Qatar, lui fait notamment les yeux doux. Mais l’intéressé, qui a de très larges prérogatives chez les « Gunners », préfère persévérer.

Jusqu’à ce 20 avril 2018. « J’ai géré le club avec un engagement et une intégrité totale », conclut-il. Il lui reste désormais à remporter la Ligue Europa le 16 mai à Lyon, dont il disputera la demi-finale face à l’Atletico Madrid, pour que l’histoire s’achève comme elle a commencé.

Src : RFI

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