FERMETURE “PROCHAINE” DE MBEUBEUSS (MBËBËSS): Plus qu’un impératif, une urgence

Les populations de Yeumbeul-Keur Massar-Lac rose et environs,  en boucliers face à cette bombe écologique

La fermeture de la décharge de Mbeubeuss sera bientôt effective. C’est le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique, Abdou Karim Fofana, qui a fait l’annonce sur les ondes de la Rfm. Selon lui, cette mesure vise à restructurer ladite décharge. «Il y a le programme de modernisation de la gestion des déchets qui intègre la résorption de Mbeubeuss, c’est-à-dire, sa restructuration. L’Etat du Sénégal a pris une option sérieuse en la matière. Un dossier de financement sera présenté au conseil d’administration de la Banque mondiale, en février 2020. Donc, on ne peut pas parler de zéro déchet alors qu’on a encore des dépôts sauvages», renseigne le ministre. 

Mais, au-delà de Mbeubeuss, l’Etat du Sénégal compte aménager des décharges départementales qui, rassure-t-il, vont respecter les normes. Car, souligne Abdou Karim Fofana, «il ne s’agit pas d’avoir des décharges qui contaminent la nappe phréatique et qui laissent la place à l’incinération produisant aussi des effets de serres ». 

Crée en 1904, bien après Keur Massar (Banxaas), le village de Yeumbeul a longtemps précédé le non moins célèbre dépôt de déchets de Mbeubeuss. En effet, ce n’est qu’en 1968 que le dépôt aura été transféré du village de Hann-Bel Air pour élire domicile dans la banlieue. Les militaires français qui venaient de découvrir cette zone balnéaire très stratégique, y déposèrent finalement leurs baluchons dès le début des années 1960 après avoir fini de la rendre fréquentable. Désormais, ils commenceront à humer un air de qualité d’où le nom de Bel-Air.

La Presqu’île du Cap-Vert qui ne représente seulement que 550 km2 de la superficie totale du pays, reçoit 4 millions de personnes sur son sol. Elle renferme plus de 70% des activités économiques du pays, avec des secteurs primaire, secondaire et tertiaire d’une hypertrophie débordante, des sources réelles de menaces aux populations. Cette forte concentration humaine se traduisant par une forte densité de sa population est un cocktail Molotov  qui aura fini de propulser le niveau du taux  de criminalité à 65% par rapport au reste du pays. 

Malheureusement, corrélativement à l’exigüité de sa superficie, comparée à sa superficie maritime avoisinant les 85%, la Presqu’île du Cap-Vert donne l’aspect d’une grotte cernée de toute part par cet immense océan bleu qui continue de veiller sur ses habitants qu’il malmène de temps à autres par les caprices d’une érosion côtière qui continue de faire des victimes. Une mer qui entoure vraiment les riverains (1).  

Il urge de se pencher déjà sur demain en jetant les bases d’une politique sécuritaire proactive face à toutes ces menaces qui se dressent chaque jour devant nous. Comme si l’expérience douloureuse du drame de la Sonacos en 1993 ne constituait aucun effet salvateur dans notre conscience collective. 

Dans ce cocktail Molotov de bombes à retardement, constitué de plusieurs risques et menaces, en sus de la bombe écologique de Mbeubeuss, s’y greffent d’autres risques environnementaux créés par la Sococim, la Sonacos, les tanks et tuyaux de pétrole de Total et de la SAR, les poudrières ou dépôts de munitions, Il s’agit surtout, de sauver la capitale Dakar, en lui épargnant un éventuel réveil douloureux d’un volcan dont personne ne pourra mesurer les conséquences immédiates aux multiples effets collatéraux. 

Une fois ces sites incendiaires délocalisés en dehors de la sphère de Dakar, puis implantés à l’intérieur du pays, dans des zones non habitables, la capitale sera dégarnie de la moitié de ses 4 millions d’âmes et des pans entiers du pays seront habités avec une redynamisation surtout de l’économie du pays. En quoi faisant ? 

En mettant en place une technologie de pointe à partir d’un système d’exploitation et de gestion des déchets. Des décharges départementales implantées dans des zones assez éloignées des populations riveraines, zones dans lesquelles, seront érigées des industries transformatrices de déchets solides en engrais et en électricité. 

Une fois ce pari réussi, la politique agricole et l’électrification rurale deviendront une réalité grâce à la valorisation du travail agricole avec surtout l’allégement du poids des responsabilités des femmes rurales dans leur rapport avec le travail. N’est-ce pas là des opportunités de créations d’emploi, aux allures d’une émergence économique, sociale et sécuritaire?

Ndiapaly GUEYE, journaliste indépendant

 

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