Explosion à Beyrouth: “Ce qui est à l’origine de la catastrophe…”

« Il est inadmissible qu’une cargaison de nitrate d’ammonium, estimée à 2 750 tonnes, soit présente depuis six ans dans un entrepôt, sans mesures de précaution. C’est inacceptable et nous ne pouvons pas nous taire sur cette question », a déclaré le Premier ministre durant la réunion du Conseil supérieur de défense, selon des propos rapportés par un porte-parole en conférence de presse.

Le nitrate d’ammonium, à l’origine des explosions, est un sel blanc et inodore utilisé comme base de fertilisant agricole sous forme de granulés : les ammonitrates, engrais pour de nombreuses cultures que les agriculteurs achètent en gros sacs ou en vrac.

Les ammonitrates ne sont pas des produits combustibles : ce sont des comburants, c’est-à-dire qu’ils permettent la combustion d’une autre substance déjà en feu. « C’est très difficile de le brûler », explique à l’AFP Jimmie Oxley, professeure de chimie à l’université du Rhode Island, qui a elle-même travaillé sur la combustion du nitrate d’ammonium. « Ce n’est pas facile de le faire détoner. » La détonation n’est possible qu’avec une contamination par une substance incompatible ou une source intense de chaleur. Le stockage doit donc suivre des règles pour isoler le nitrate d’ammonium de liquides inflammables (essence, huiles…), de liquides corrosifs, de solides inflammables ou encore de substances qui dégagent une chaleur importante, parmi d’autres interdits, selon une fiche technique du ministère français de l’Agriculture.

« Le nitrate d’ammonium est toxique pour l’homme. Par inhalation de ses poussières, il irrite les voies respiratoires ; par exposition prolongée, il provoque des faiblesses, des céphalées et par contact, des irritations de la peau », explique la Société chimique de France.

Par ailleurs, les nombreuses vidéos des explosions relayées sur les réseaux sociaux montrent un panache de fumée revêtant une couleur orangée : il s’agit d’émanations de dioxyde d’azote, produit par la décomposition du nitrate. Ce gaz est un polluant, toxique, âcre et suffoquant, et pourtant très répandu : on le retrouve par exemple dans les zones à forte densité automobile, aux heures de pointe dans les villes.

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