Crise au Mali: Les 5 présidents rentrent bredouilles

Premier à atterrir à Bamako, le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara prend les choses en main. Il a tout de suite un entretien au salon d’honneur de l’aéroport avec son homologue malien venu l’accueillir. Dans la ville se tiennent une petite manifestation pro-gouvernement et autre contre.

Ensuite, tour à tour, les présidents du Niger, du Sénégal, du Ghana et du Nigeria débarquent. Tous gagnent l’hôtel Marriott de Bamako. Pas de temps à perdre, l’ascenseur indique étage 9. Le huis-clos commence dans la suite du président ivoirien. C’est l’ancien chef d’État du Nigeria Goodluck Jonathan qui prend la parole. Il fait un compte rendu de sa propre mission de médiation au Mali.

Ses recommandations sont validées : pas question de démission du président IBK, formation avec un gouvernement d’union nationale, avec pour le moment maintien de l’actuel Premier ministre Boubou Cissé.

Puis c’est le déjeuner des chefs d’État au palais présidentiel au cours duquel « on a franchement parlé à IBK » d’après nos informations. Retour à l’hôtel pour une rencontre avec la majorité présidentielle, la société civile et l’opposition. Mais cette dernière n’approuve pas le schéma de crise.

Bokary Treta est président du RPM, le parti présidentiel.

Au sortir des rencontres, l’imam Dicko, figure de la contestation qui réclame depuis presque deux mois la démission du président IBK et de son régime a affirmé que les lignes n’avaient pas bougé.

Pour Mohamed Ali Bathily, Ancien Ministre de la justice du Mali, parlant de la délégation de chefs d’État de la CEDEAO: “le problème du Mali n’est pas seulement un problème de crise post-électorale mais plutôt de mal gouvernance, de favoritisme, de corruption, etc. Le protocole de la CEDEAO précisant qu’un chef d’État est élu pour cinq et qu’on ne peut pas exiger sa démission avant la fin de son mandat n’est pas mieux que la vie des Maliens qui sont morts lors de ces manifestations de désobéissance civile”.

De son côté, Choguel Kokalla Maiga, président par intérim du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), abonde dans le même sens. À l’en croire, le M5 a fait savoir lors de cette rencontre que «le problème du Mali ne peut pas se résumer au problème des élections, de gouvernement, mais doit englober la question mal gouvernance”. En clair, à Bamako rien de nouveau. La énième mission de médiation de la CEDEAO se termine en queue de poisson. Les chefs d’Etat se retrouveront lundi prochain en visioconférence pour statuer sur un casse-tête malien au potentiel de contagion élevé.

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