«C’est une hausse brutale des prix et des impôts qui attend les Sénégalais» selon l’économiste Dr.Thierno THIOUNE

Trois mois après la crise sanitaire qui a fortement ébranlé les fondements de notre système économique, sur quels ressorts s’appuyer pour une bonne perspective ? Dans l’entretien accordé à LII Quotidien, le dr thierno thioune, Maître de conférences titulaire en économie à l’université cheikh Anta diop de dakar et directeur des études du crefdes, apporte des éléments de réponse.

Il faut dire qu’il est aujourd’hui évident, après 3 mois de crise, que tous les secteurs de l’économie ont été touchés. Cela va du tourisme au commerce. Ce qui a provoqué une baisse significative du chiffre d’affaires des entreprises, avec des conséquences sur les emplois et la demande en biens et services des fournisseurs.

Il est certain que l’après covid-19 doit être appréhendé avec beaucoup de sérieux et d’attention.

Après la crise, l’état va inévitablement faire face à ses dettes. Il aura aussi la responsabilité de penser à la relance économique. Nous savons tous que la crise va entraîner une nouvelle détérioration des finances publiques dans la mesure où la faiblesse de l’activité a fini par déprimer les recettes fiscales déjà éprouvées. Le gouvernement devra véritablement penser à la relance économique, à un plan budgétaire de relance pour stimuler l’activité économique. De ce point de vue, il est tout à fait justifié de penser à l’adoption d’un vaste plan de relance budgétaire dans un contexte où la situation des finances publiques est fragile, amenant les investisseurs à revoir leurs estimations du risque et à exiger de plus hauts taux d’intérêt. Cet éventuel accroissement des coûts d’emprunt qui en résulterait probablement, pourrait entraîner un effet d’éviction dans la mesure où les entreprises, voire les ménages, ont plus de difficultés à financer leurs dépenses d’investissement.

Après la covid-19, les ménages s’attendent à ce que le gouvernement procède à un ajustement budgétaire. Si bien que beaucoup anticipent une hausse future des impôts en réduisant leur consommation ou en épargnant le supplément de revenus qu’ils obtiendront de la mise en œuvre du plan de relance.

Pour que cette relance budgétaire soit efficace, l’état du Sénégal doit améliorer sa situation budgétaire en période de reprise attendue dans un proche avenir, notamment en resserrant sa politique budgétaire. De plus, pour effectivement accélérer la reprise économique, le gouvernement du Sénégal devra assouplir sa politique budgétaire. Nous sommes dans cette situation d’incertitude globale. Si rien n’est fait, l’on pourrait s’attendre à une hausse brutale des prix du riz, de l’huile, du carburant, et… des impôts. Ce qui risquerait d’être, pour les sénégalais, plus grave que la crise.

Avec LII Quotidien

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