CENTRAFRIQUE: Le Parlement vote la poursuite de l’opération Sangaris

Le Parlement a autorisé mardi 25 février à une très large majorité la prolongation au-delà de quatre mois de l’opération militaire française en Centrafrique.

Les députés se sont prononcés par 428 voix pour, 14 contre et 21 abstentions, la plupart des groupes ayant décidé de voter la prolongation de l’intervention. Au Sénat, le vote a été acquis par 328 voix pour, seuls trois sénateurs s’étant prononcés contre et 15 se sont abstenus.

A l’Assemblée, 12 UMP, dont Bruno Le Maire et Laurent Wauquiez ont voté contre. Après discussions et hésitations, le groupe du Front de gauche et ses alliés d’outremer a finalement laissé la liberté de vote à ses membres : quatre ont voté pour, deux contre (Patrice Carvalho et un élu d’outremer, Alfred Marie-Jeanne) et sept se sont abstenus.

“Notre action en Centrafrique n’est pas terminée”

En ouverture du débat à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault a rappelé que l'”action [de la France] n’est pas terminée”.

“Cette intervention [Sangaris] a permis d’éviter la destruction totale de la Centrafrique […] Oui, il faut bien le dire : les difficultés sont considérables. Non, la France ne les sous-estime pas […] Une perspective se dessine dans tous les domaines”, a ajouté le Premier ministre à quelques minutes du vote des députés.

Nos efforts ont commencé à porter leurs fruits. L’embrasement généralisé qui menaçait a été évité”, a salué Jean-Marc Ayrault.

“Ca sera plus long que prévu”

Début décembre, le président François Hollande avait prédit une opération “rapide”. Mais de l’avis même du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, “ça sera plus long que prévu”. Si le niveau de violence a en effet baissé à Bangui, le cycle des représailles entre chrétiens et musulmans a provoqué la fuite de dizaines de milliers de musulmans vers le nord et l’explosion de la criminalité provoquée par les groupes armés.

Au plus haut niveau, les militaires réclamaient la poursuite de l’opération pour consolider les progrès accomplis pour sécuriser le pays. Selon le commandant de Sangaris, le général Francesco Soriano, l’intervention française devrait se poursuivre, “jusqu’à ce que l’opération de maintien de paix (de l’ONU) prenne le relais”.

Une opération sous casque bleu des Nations Unies qui, selon les spécialistes, ne devraient pas se mettre en place au moins avant l’été. Et la présidente centrafricaine, Catherine Samba Panza, plaide pour sa part pour le maintien de Sangaris jusqu’aux élections en RCA prévues début 2015.

Plusieurs députés qui se sont rendus la semaine dernière à Bangui pointent des “erreurs d’appréciation” dans la préparation de l’opération et une “sous-estimation” du degré de violence. Interrogations également sur le nombre de soldats français déployés, jugé globalement insuffisant, et le montant de la facture, dont la France doit pour l’instant s’acquitter seule. D’une manière générale, les parlementaires réclament une plus forte implication de l’Union Européenne et une accélération du processus des Nations unies pour déployer des casques bleus.

Les Français restent partagés sur leur soutien à l’opération française : 42% s’y déclarent favorables, soit sensiblement autant que début janvier (41%), selon un sondage Ifop pour Sud Radio publié avant le vote au Parlement.

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