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Attaque de Nairobi : élan de solidarité dans un Kenya en deuil

Un samedi au pas de course. C’est sur un rythme effréné qu’a commencé la journée de Josephine Mutungi. Ce 21 septembre, cette quadragénaire prend quelques instants sur son planning serré pour s’arrêter faire des courses au centre commercial de Westgate, à Nairobi, avant le match de foot de son fils.

“Mon fils et moi étions dans le magasin Planet Media, au deuxième étage du bâtiment, lorsque nous avons entendu une forte détonation, raconte Joséphine Mutungi. Sur le moment, j’ai pensé que quelqu’un avait laissé tomber quelque chose de lourd, je n’ai pas imaginé un seul instant qu’il s’agissait d’une explosion.”

Cette détonation est en réalité le début d’un calvaire qui durera quatre heures pour cette femme et son fils. Recroquevillée avec lui sur le sol, dans un coin du magasin, Josephine entend les coups de feu retentir et les balles siffler dans les couloirs du centre commercial. Elle voit les terroristes, armés jusqu’aux dents, arpenter calmement les allées en fumant.

Dans les boutiques, les employés tentent désespérément de cacher leurs clients, paniqués, dans les recoins et les espaces étroits entre les murs et les étagères.

Finalement, Josephine et son fils parviennent à s’échapper de Westgate, sains et saufs, avec l’aide du personnel de sécurité. “J’ai eu de la chance, commente-t-elle simplement. Je remercie Dieu, il m’a sauvée.”

La prise d’otage de Westgate a pris fin. Mais la douleur et le traumatisme ne font que commencer. Trois jours de deuil national ont été décrétés au Kenya. Dans tout le pays – et dans le monde – les familles des victimes préparent les funérailles de leurs proches, morts au cours de l’attaque. Les corps des ressortissants étrangers sont peu à peu rapatriés.

À Nairobi, dans les couloirs des hôpitaux, des morgues et des crématoriums, la même souffrance se lit sur les visages, les mêmes larmes noient les regards. À l’extérieur des bâtiments, les familles se regroupent sur les pelouses et sur les parkings, essayant de soustraire leurs regards angoissés aux caméras des chaînes d’information. D’autres vont à leur rencontre, acceptant des interviews, cherchant des informations sur leurs proches dont ils n’ont pas de nouvelles. Selon la Croix-Rouge kényane, 63 personnes sont portées disparues.

La sanglante prise d’otages a par ailleurs suscité une forte mobilisation à travers la ville pour venir en aide aux victimes. De grandes files d’attente s’étirent le long de tous les établissements de dons du sang de Nairobi. En une seule journée, la Croix-Rouge a collecté quelque 3 000 poches de sang dans le seul centre du parc Uhuru.

Dans son allocution à la nation mardi soir, Kenyatta a rappelé que les Kényans avaient fait don de 60 millions de shillings kényans (environ 510 000 euros). “Vous vous êtes levés comme un seul homme, et avez sans failles soutenu votre pays, vos frères et vos sœurs, a affirmé le chef de l’État. Vous avez également donné de la nourriture, des vêtements et d’autres denrées, pas seulement pour les victimes, mais aussi pour soutenir les secouristes bénévoles.”

À un coin de rue, à quelques encablures de Westgate, une famille kényane a distribué des repas gratuits aux forces de sécurité et aux journalistes qui se trouvaient là pendant toute la durée du siège.

“J’ai une cuisine qui fonctionne, donc je peux cuisiner, explique Zena Anezdishes. Cela m’aide à mieux dormir”. Samedi, elle avait rendez-vous dans un salon de beauté à l’intérieur du centre commercial. Mais elle n’a pas pu arriver à temps, son mari l’ayant retardée. “Ces cinq minutes m’ont sauvé la vie. C’est ma façon à moi de rendre cette chance, de remercier Dieu”.

 

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